Turismo

Le tourisme serait-il un cancer, infiltrant et métastasé, qui détruit tout ce qu’il touche, et ce avec une prédilection pour le pittoresque et l’exceptionnel ? Il turismo sarebbe un cancro, infiltrante e metastatizzante, che distrugge tutto ciò che tocca, e ciò con una predilezione per il pittoresco e l’eccezionale?
Vous connaissiez autrefois un joli bord de plage ? Bétonnée ! Un quartier historique charmant ? Muté en hypermarché à l’air libre ! Un restaurant typique connu depuis des générations ? Transformé en fast food. Y aurait-il au monde encore de beaux endroits épargnés par le cancer du tourisme ? Rien n’est moins sûr. Le charme des pays et des paysages est en voie d’extinction – comme les tigres, les orangs-outans et les ours polaires. Conoscevate una volta un bel lungomare? Cementato! Un delizioso centro storico? Mutato in ipermercato a cielo aperto! Un ristorante tipico noto da generazioni? Trasformato in fast food. Ci sarebbero ancora nel mondo bei luoghi risparmiati dal cancro del turismo? Ne possiamo dubitare. Il fascino dei paesi e dei paesaggi è in via d’estinzione – come tigri, oranghi e orsi polari.
Une des 10 plaies de l’Égypte, c’étaient les sauterelles : « Elles recouvrirent la surface de toute la terre et la terre fut dans l’obscurité ; elles dévorèrent toutes les plantes de la terre et tous les fruits des arbres. » (Exode 10:13-14,19). Una delle 10 piaghe d’Egitto erano le locuste: “Esse coprirono tutta la superficie della terra e la terra ne fu oscurata; divorarono ogni erba della terra e ogni frutto d’albero.” (Esodo 10: 13-14,19).
Aujourd’hui, les sauterelles, c’est nous ! En quelques heures, nous sommes ailleurs – que ce soit en avion, en voiture ou en bateau de croisière – et nous débarquons peut-être même chez vous, en masse, bouleversant votre vie quotidienne. Personne ne proteste ? Forcément, puisque le monde entier veut vivre du tourisme ! De même que certains médecins vivent du cancer, certains pays vivent des touristes. Avec ses plus de 80 millions de touristes par an, à la France le pompon ! Oggi, le locuste siamo noi! In poche ore, siamo altrove – che sia in aereo, in macchina o in nave da crociera – e forse sbarchiamo pure da voi, in massa, sconvolgendo la vostra vita quotidiana. Nessuno protesta? Inevitabilmente, perché il mondo intero vuole vivere di turismo! Così come alcuni medici vivono del cancro, alcuni paesi vivono dei turisti. Con più di 80 milioni di turisti all’anno, alla Francia il pompon!
Les prix des fruits et légumes grimpent ? Tant pis pour les habitants du lieu ! Des gratte-ciel avec vue sur la plage ? Vive l’urbanisation de notre planète ! On offre des jeunes filles à la prostitution ? Fâcheux dommage collatéral, mais les hommes veulent baiser à moindre frais.

 

I prezzi della frutta e verdura salgono? Peggio per gli abitanti del posto! Grattacieli con vista sulla spiaggia? Viva l’urbanizzazione del nostro pianeta! Offriamo delle ragazze giovani alla prostituzione? Spiacevole danno collaterale, ma gli uomini vogliono scopare a minor costo.
Vive la globalisation ? Partout la même malbouffe – hamburgers, kebabs et crêpes –, les mêmes fringues et bibelots, la même musique ? C’est à vomir d’ennui ! Cela vous arrive-t-il parfois d’en avoir marre de la globalisation ? D’avoir une terrible envie de lire des romans d’aventure et de vous replonger dans un monde où il fallait prendre des risques et souffrir pour franchir les longues distances (sans réservation sur internet), sans avoir la certitude qu’une fois arrivé, on trouverait un lit pour la nuit ? Existe-t-il encore en ce monde des lieux non globalisés (non américanisés) ? En ce cas, gardons-nous bien d’en parler !

 

Viva la globalizzazione? Ovunque lo stesso cibo spazzatura – hamburger, kebab e crepes –, gli stessi vestiti e gingilli, la stessa musica? Da vomitare dalla noia! Vi succede qualche volta di essere stufi della globalizzazione? Di avere una terribile voglia di leggere romanzi di avventura e di immergervi in un mondo in cui si dovevano prendere rischi e soffrire per attraversare le lunghe distanze (senza prenotazione via internet), senza avere la certezza che, una volta arrivati, si troverebbe un letto per la notte? Esistono ancora in questo mondo dei luoghi non globalizzati (non americanizzati)? In questo caso, guardiamoci bene di parlarne!

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